Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur

Le Premier ministre Jean Marc Ayrault a annoncé ce vendredi matin, qu’une mesure visant à réglementer les contrôles d’identité était en « préparation » au ministère de l’Intérieur. Rudolph Granier, et par sa plume la jeunesse gaulliste qu’il fédère, a tenu à adresser un message fort au Ministre de l’Intérieur.

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Vendredi dernier, à l’occasion d’une rencontre avec les syndicats de policiers, vous avez déclaré vouloir vous « inspirer (…) de l’expérience anglo-saxonne sur les contrôles d’identité». Autrement dit, d’un système où le policier doit donner à toute personne contrôlée un reçu sur lequel figurerait son numéro de matricule. Cette proposition figurait par ailleurs dans le projet socialiste pour la présidentielle de 2012.

L’Union des Jeunes pour le Progrès attire votre attention sur les implications d’une telle décision et vous demande de ne pas mettre en application cette proposition. Si nous comprenons parfaitement votre souci de lutter contre les discriminations lors des contrôles d’identité, il nous semble que cette mesure jetterait explicitement le doute sur l’intégrité des forces de l’ordre, dépositaires de l’autorité publique.

Si des discriminations peuvent exister, elles ne doivent être considérées que comme les dérives d’une minorité, qui doivent être traitées au cas par cas et si nécessaire être sanctionnées. En proposant un système généralisé pour lutter contre ces dérives, vous considérez explicitement que l’ensemble des policiers ont globalement un comportement discriminatoire, c’est-à-dire purement et simplement raciste.

Cette mise en cause violente de ceux qui garantissent l’ordre républicain au quotidien, et parfois au péril de leur vie, est de nature à jeter la suspicion sur l’intégrité et le sens moral de tous les policiers. Cette mesure créerait ainsi encore plus de distance entre les forces de l’ordre et la population. C’est tout le contraire qui est souhaité dans nos quartiers.

Souhaitant retenir toute votre attention, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de toute ma considération.

Rudolph Granier

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